LE PUITS SACRÉ DE LA BROUSSE : LE LIÈVRE ET LE SECRET DE LA SAGESSE
✍️ NIAGAMOUNA SIDIKI LE WASSOULOUNKÉ
Au cœur d’une ancienne brousse, là où les arbres semblaient garder les secrets des ancêtres et où le vent racontait les histoires oubliées, les animaux souffrirent d’une grande sécheresse.
Les rivières avaient disparu, les marigots s’étaient asséchés, et chaque goutte d’eau était devenue un trésor précieux.
Un jour, le lion, le chef respecté de la brousse, convoqua tous les animaux.
— L’eau est la vie. Si nous voulons survivre, nous devons unir nos forces et creuser un puits qui appartiendra à tous.
Tous les animaux acceptèrent avec courage. L’éléphant apporta sa force, le buffle son endurance, le singe son agilité, et même les petits animaux vinrent apporter leur aide.
Mais parmi eux se trouvait le lièvre, connu pour son intelligence, mais aussi pour sa ruse et son amour de la facilité.
Quand on lui demanda de participer au travail, il répondit en souriant :
— Creuser la terre sous le soleil ? Ce n’est pas pour moi. Mon esprit est plus précieux que mes pattes. Je trouverai toujours un moyen de boire sans travailler.
Les animaux furent déçus.
— Celui qui refuse de participer à l’effort collectif ne doit pas profiter du fruit du travail des autres, dirent-ils.
— À partir d’aujourd’hui, le puits sera interdit au lièvre.
Le lièvre éclata de rire.
— Vous pensez avoir enfermé l’eau derrière vos règles ? La brousse appartient à ceux qui savent réfléchir.
Puis il partit, convaincu que sa ruse serait plus forte que la volonté des autres.
Après plusieurs jours de travail difficile, le puits fut enfin terminé. C’était un magnifique ouvrage, entouré de pierres anciennes, comme un sanctuaire offert par la nature.
Mais lorsque les animaux partaient chasser, le lièvre revenait en secret boire cette eau qu’il n’avait pas aidé à obtenir.
Chaque soir, il effaçait ses traces avec sa queue, croyant tromper tout le monde.
Mais dans la brousse, rien ne reste caché éternellement.
Un matin, le lion remarqua des empreintes fraîches près du puits.
— Quelqu’un profite de notre travail sans respecter notre règle, déclara-t-il.
Après réflexion, il eut une idée.
Il demanda aux animaux de préparer une étrange statue faite de glu magique et de la placer près de la margelle du puits.
— La sagesse ne se mesure pas seulement par la force, parfois il faut laisser la ruse se révéler elle-même.
Le lendemain, comme toujours, le lièvre arriva discrètement.
En voyant la statue, il demanda :
— Qui es-tu pour rester ici sans me saluer ?
La statue resta silencieuse.
Le lièvre, vexé, dit :
— Alors tu ignores le grand lièvre ? Tu dois apprendre le respect !
Il lui donna une gifle… mais sa patte resta collée.
Surpris, il cria :
— Libère-moi immédiatement, sinon je vais te frapper avec mes pieds !
Mais plus il se débattait, plus il se retrouvait prisonnier. Bientôt, ses quatre pattes furent collées à la statue, et il tomba au sol avec elle.
Quand les animaux revinrent de la chasse, ils découvrirent le lièvre pris dans son propre piège.
— Celui qui utilise la ruse pour tromper les autres finit souvent prisonnier de sa propre intelligence, déclara le lion.
Les animaux décidèrent alors de lui donner une leçon.
Ils préparèrent un grand feu pour lui faire peur.
Le lièvre, voyant le danger, réfléchit rapidement. Il se mit soudain à chanter :
— Ô feu magnifique, mon ami depuis toujours ! Je n’ai peur que d’une chose : les buissons épineux où personne ne voudrait être envoyé !
Les animaux furent étonnés.
— Comment peut-il aimer ce qui pourrait le détruire ?
Intrigué, l’éléphant voulut vérifier ses paroles. Il prit le lièvre et le lança dans un grand buisson.
Tous pensaient que le petit animal allait disparaître.
Mais à peine toucha-t-il le sol qu’il bondit comme une flèche et disparut entre les arbres.
Depuis ce jour, une vieille sagesse circule encore dans la brousse :
« L’intelligence est un don précieux, mais sans respect et sans responsabilité, elle devient un piège pour celui qui la possède. Celui qui refuse de participer à l’effort des autres ne doit pas réclamer les récompenses communes. »
Et les anciens racontent que le puits existe toujours quelque part, caché entre les grands arbres, rappelant à tous les êtres vivants que l’union construit les trésors que la ruse seule ne peut jamais créer. 🌿✨
Fin.
✍️ NIAGAMOUNA SIDIKI LE WASSOULOUNKÉ
LE PUITS SACRÉ DE LA BROUSSE : LE LIÈVRE ET LE SECRET DE LA SAGESSE ✍️ NIAGAMOUNA SIDIKI LE WASSOULOUNKÉ Au cœur d’une ancienne brousse, là où les arbres semblaient garder les secrets des ancêtres et où le vent racontait les histoires oubliées, les animaux souffrirent d’une grande sécheresse. Les rivières avaient disparu, les marigots s’étaient asséchés, et chaque goutte d’eau était devenue un trésor précieux. Un jour, le lion, le chef respecté de la brousse, convoqua tous les animaux. — L’eau est la vie. Si nous voulons survivre, nous devons unir nos forces et creuser un puits qui appartiendra à tous. Tous les animaux acceptèrent avec courage. L’éléphant apporta sa force, le buffle son endurance, le singe son agilité, et même les petits animaux vinrent apporter leur aide. Mais parmi eux se trouvait le lièvre, connu pour son intelligence, mais aussi pour sa ruse et son amour de la facilité. Quand on lui demanda de participer au travail, il répondit en souriant : — Creuser la terre sous le soleil ? Ce n’est pas pour moi. Mon esprit est plus précieux que mes pattes. Je trouverai toujours un moyen de boire sans travailler. Les animaux furent déçus. — Celui qui refuse de participer à l’effort collectif ne doit pas profiter du fruit du travail des autres, dirent-ils. — À partir d’aujourd’hui, le puits sera interdit au lièvre. Le lièvre éclata de rire. — Vous pensez avoir enfermé l’eau derrière vos règles ? La brousse appartient à ceux qui savent réfléchir. Puis il partit, convaincu que sa ruse serait plus forte que la volonté des autres. Après plusieurs jours de travail difficile, le puits fut enfin terminé. C’était un magnifique ouvrage, entouré de pierres anciennes, comme un sanctuaire offert par la nature. Mais lorsque les animaux partaient chasser, le lièvre revenait en secret boire cette eau qu’il n’avait pas aidé à obtenir. Chaque soir, il effaçait ses traces avec sa queue, croyant tromper tout le monde. Mais dans la brousse, rien ne reste caché éternellement. Un matin, le lion remarqua des empreintes fraîches près du puits. — Quelqu’un profite de notre travail sans respecter notre règle, déclara-t-il. Après réflexion, il eut une idée. Il demanda aux animaux de préparer une étrange statue faite de glu magique et de la placer près de la margelle du puits. — La sagesse ne se mesure pas seulement par la force, parfois il faut laisser la ruse se révéler elle-même. Le lendemain, comme toujours, le lièvre arriva discrètement. En voyant la statue, il demanda : — Qui es-tu pour rester ici sans me saluer ? La statue resta silencieuse. Le lièvre, vexé, dit : — Alors tu ignores le grand lièvre ? Tu dois apprendre le respect ! Il lui donna une gifle… mais sa patte resta collée. Surpris, il cria : — Libère-moi immédiatement, sinon je vais te frapper avec mes pieds ! Mais plus il se débattait, plus il se retrouvait prisonnier. Bientôt, ses quatre pattes furent collées à la statue, et il tomba au sol avec elle. Quand les animaux revinrent de la chasse, ils découvrirent le lièvre pris dans son propre piège. — Celui qui utilise la ruse pour tromper les autres finit souvent prisonnier de sa propre intelligence, déclara le lion. Les animaux décidèrent alors de lui donner une leçon. Ils préparèrent un grand feu pour lui faire peur. Le lièvre, voyant le danger, réfléchit rapidement. Il se mit soudain à chanter : — Ô feu magnifique, mon ami depuis toujours ! Je n’ai peur que d’une chose : les buissons épineux où personne ne voudrait être envoyé ! Les animaux furent étonnés. — Comment peut-il aimer ce qui pourrait le détruire ? Intrigué, l’éléphant voulut vérifier ses paroles. Il prit le lièvre et le lança dans un grand buisson. Tous pensaient que le petit animal allait disparaître. Mais à peine toucha-t-il le sol qu’il bondit comme une flèche et disparut entre les arbres. Depuis ce jour, une vieille sagesse circule encore dans la brousse : « L’intelligence est un don précieux, mais sans respect et sans responsabilité, elle devient un piège pour celui qui la possède. Celui qui refuse de participer à l’effort des autres ne doit pas réclamer les récompenses communes. » Et les anciens racontent que le puits existe toujours quelque part, caché entre les grands arbres, rappelant à tous les êtres vivants que l’union construit les trésors que la ruse seule ne peut jamais créer. 🌿✨ Fin. ✍️ NIAGAMOUNA SIDIKI LE WASSOULOUNKÉ
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